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Le centre, ce n’est pas l’entre-deux.

Le centre, ce n’est pas l’entre-deux, ce n’est pas le ni-ni, ce n’est pas un peu des deux, c’est une voie originale : une économie qui cherche l’efficacité et qui protège les plus faibles, une politique sociale qui respecte le monde du travail et qui veut préserver son niveau de vie, une démocratie fondée sur l’éthique. On ne peut pas dire que les résultats des quatre dernières années inspirées ou conduites par l’ex-ministre de l’Économie plaident en ce sens. Le centre, tel que nous le vivons, est exactement à l’opposé des apparences et des faux-semblants. J’ai une conviction absolue : je pense que rien de solide, rien de durable ne peut se construire dans l’ambiguïté.

Marielle de Sarnez


Source : entretien accordé par Marielle de Sarnez au journal Le Figaro, paru le 2 septembre 2016 dans le quotidien. A retrouver sur le site du Mouvement Démocrate ou ci-dessous.

LE FIGARO – Quel regard portez-vous sur la démission d’Emmanuel Macron ?

Marielle DE SARNEZ – Je ne comprends absolument pas sa démarche. Claquer la porte d’un gouvernement, qui plus est à un moment où les défis à relever pour les Français sont immenses, et en particulier dans le champ économique et de l’emploi, ne peut s’expliquer que si l’on a une vraie différence de fond, de stratégie, de ligne. Et que cette divergence, on la revendique, on l’assume. Or ce n’est pas le cas du tout. C’est donc une démission pour «convenance personnelle», on devrait même dire pour «ambition personnelle».

Incarne-t-il une nouvelle manière de faire de la politique ?

C’est le contraire, c’est même le plus usé des scénarios. Et ce n’est pas du tout ce qu’attendent les Français. Ils veulent de l’éthique, des comportements où l’ambition personnelle passe au second plan ; et ils veulent des responsables politiques qui se battent d’abord et avant tout pour avoir des résultats. Ajoutons que tout ce déferlement médiatique, les heures de télévision en direct, les couvertures des magazines, toute cette agitation hors de proportion, est à des milliers de kilomètres des attentes des Français. La France est préoccupée par l’emploi, l’économie, la rentrée scolaire, les fins de mois, le chômage, certainement pas par les stratégies individuelles des uns ou des autres !

Le président de l’UDI, Jean-Christophe Lagarde, explique que le centre et Emmanuel Macron ont vocation à se parler. Est-ce aussi ce que vous pensez?

Il y a visiblement un problème de boussole. Hier, pour les élections locales, le président de l’UDI était le meilleur ami de Nicolas Sarkozy. Aujourd’hui, il est le meilleur ami d’Emmanuel Macron. Et demain ? J’ai vraiment du mal à suivre…

Ne craignez-vous pas qu’Emmanuel Macron puisse séduire l’électorat centriste?

Le centre, ce n’est pas l’entre-deux, ce n’est pas le ni-ni, ce n’est pas un peu des deux, c’est une voie originale : une économie qui cherche l’efficacité et qui protège les plus faibles, une politique sociale qui respecte le monde du travail et qui veut préserver son niveau de vie, une démocratie fondée sur l’éthique. On ne peut pas dire que les résultats des quatre dernières années inspirées ou conduites par l’ex-ministre de l’Économie plaident en ce sens. Le centre, tel que nous le vivons, est exactement à l’opposé des apparences et des faux-semblants. J’ai une conviction absolue : je pense que rien de solide, rien de durable ne peut se construire dans l’ambiguïté.

En quoi cela modifie-t-il la stratégie de François Bayrou et d’Alain Juppé ?

En rien ! Absolument rien ! Au contraire, même… Pour redresser le pays, redonner un espoir aux Français, reconstruire l’Europe, on aura besoin plus que jamais de cohérence, d’expérience, de volonté, de solidité et de capacité forte de rassemblement. C’est tout le sens de notre soutien à Alain Juppé.

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