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Brexit : « Si nous sommes unis, nous serons plus forts »

23 mai 2016

Dans une interview parue ce matin dans Le Parisien, Marielle de Sarnez encourage au maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne. La vice-présidente du MoDem tempère toutefois : « Je ne serai jamais pour une Europe au rabais. Il faut tout faire convaincre la Grande-Bretagne de rester dans l’UE, mais elle doit respecter le traité qu’elle a signé. »

Pourquoi le Brexit serait si grave ?

Jamais les défis à relever par l’Europe et les citoyens européens n’ont été si lourds, si nombreux : crise économique, industrielle, crise de l’emploi, en particulier des jeunes, crise des réfugiés et des migrants, guerre en Syrie, lutte contre le terrorisme, déstabilisation de la Lybie, et du Sahel, aux portes mêmes de notre continent. Face à tous ces enjeux, je sais une chose : si nous sommes unis, nous serons plus forts ; si nous sommes divisés, nous serons plus faibles. Voilà pourquoi un Brexit serait grave.

Grave pour qui ?

La Grande-Bretagne est un grand pays, une grande démocratie et un grand peuple, que j’aime. Je souhaite qu’elle reste dans l’Union. Son départ aurait bien sûr des conséquences, d’abord pour elle. En termes économiques, le Royaume-Uni risquerait de perdre le bénéfice de la zone de commerce que représente l’UE ainsi que des 60 pays avec lesquels nous avons signé des accords. La Grande-Bretagne entrerait dans une zone d’incertitude totale, ce qui n’est jamais bon pour l’économie. Il y aurait aussi un vrai risque qu’elle se retrouve, en cas de Brexit, amputée d’une partie de son territoire, de son histoire, et donc affaiblie, car l’Ecosse, favorable à l’Union, pourrait alors choisir de la quitter et de prendre son indépendance.

D’autres pays pourraient suivre ?

Ce référendum est un signal d’alarme. Il doit être perçu par tous ceux qui tiennent à l’idéal européen comme une obligation urgente à agir, à tracer une voie nouvelle pour « mieux d’Europe ». Faute de quoi, le risque de délitement sera réel. J’espère que les dirigeants européens en sont bien conscients, et qu’ils prendront leurs responsabilités.

Mieux vaut souscrire aux conditions britanniques, alors ?

Non. Je ne serai jamais pour une Europe au rabais. Il faut tout faire pour convaincre la Grande-Bretagne de rester dans l’UE, mais elle doit respecter le traité qu’elle a signé.

Que proposez-vous ?

La confiance des citoyens dépend de deux enjeux. Est-ce que l’Europe peut devenir efficace, prendre les décisions en temps et en heure, dans l’urgence quand il le faut, sur les grands sujets de la sécurité, de la défense, de l’économie ? Le plus court chemin est que se rassemble un noyau très uni, par exemple entre les pays qui partagent l’euro, autour de ceux qui veulent vraiment une Union plus intégrée où l’on se concerte et où l’on peut décider ensemble. Pour mieux protéger nos intérêts quand le commerce est déloyal, harmoniser notre fiscalité, réfléchir à une reconquête industrielle concertée, en finir avec le dumping social entre Européens. La France et l’Allemagne doivent proposer cette idée et la faire avancer.

Le Brexit n’est pas le symptôme d’un manque de démocratie ?

Le plus grand mal dont souffre l’Union européenne, c’est que les citoyens ne sont pas associés et même pas informés. Ils ignorent les décisions qui se préparent, ils ne savent pas par qui elles sont prises et on ne leur dit pas pourquoi. Or, au XXIème siècle, une telle exclusion des citoyens est insupportable. Permettre aux citoyens de savoir ce qui est fait en leur nom, c’est un immense enjeu, c’est une question de vie ou de mort pour l’Union.

Propos recueillis par Jannick Alimi.

Retrouvez l’interview de Marielle de Sarnez en ligne ou dans la rubrique « Débat » de l’édition du 23 mai du Parisien / Aujourd’hui en France.

Source : http://mouvementdemocrate.fr/article/brexit-si-nous-sommes-unis-nous-serons-plus-forts

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