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NOTRE AMBITION : L’économie, l’emploi, le modèle social, la démocratie, la défense, les réfugiés…

Édito de Marielle de Sarnez

La semaine prochaine, David Cameron va adresser une lettre à Donald Tusk, président du Conseil européen, pour lui demander une évolution de l’Union européenne sur certains points.

Il demandera tout d’abord la sanctuarisation des très nombreuses exceptions accordées dans le temps au Royaume-Uni, sa non participation à la zone euro, et à Schengen, son rabais sur le budget européen, son refus d’appliquer la Charte des droits fondamentaux.

 Outre un approfondissement du marché unique aux services, à l’énergie, à l’économie numérique, et la volonté de conclure des accords commerciaux plus nombreux, il proposera de renforcer le rôle des parlements nationaux dans le processus de décision européenne (cartons jaunes, ou rouges), et de limiter l’accès des travailleurs européens aux prestations sociales des États membres.

 Il est paradoxal que le débat sur l’avenir de l’Union européenne, sur ses politiques, ou sur son processus de décision, soit ouvert par ceux-là même qui veulent en sortir !

 C’est à ceux qui croient en l’Europe d’ouvrir le débat nécessaire sur l’avenir de notre Union.

 Le mois dernier, Angela Merkel et François Hollande sont venus s’exprimer devant le Parlement européen.

 C’était le bon moment pour fixer un cap. Malheureusement, il n’en n’a rien été.

 Le rendez-vous de Strasbourg a été manqué.

À la différence de leurs prédécesseurs, François Mitterrand et Helmut Kohl, qui avaient su il y a vingt six ans se projeter dans l’avenir, François Hollande et Angela Merkel n’ont pas esquissé la moindre vision, la moindre perspective.

 Ils n’ont pas même été en mesure de proposer une initiative commune, que ce soit pour l’approfondissement de la zone euro, et sa gouvernance, pour une Europe de l’énergie ou de la défense, pour la démocratisation de notre Union européenne.

 Et cela, au moment même où les populismes flambent dans une grande partie l’Europe.

 Les crises se succèdent, et, dans de trop nombreux domaines, l’absence d’anticipation, de cohérence, de lucidité, et de stratégie de long terme est flagrante.

 Les dirigeants européens apparaissent comme paralysés devant les événements.

 Or, les peuples ont besoin de retrouver la confiance dans l’Europe.

 La réforme de l’Europe, de ses politiques, de sa gouvernance, est donc un impératif.

 L’Europe attend, et nous voulons imposer aux institutions, une obligation de transparence dans les débats et dans la préparation des décisions.

 Nous n’acceptons pas, par exemple, que le traité commercial transatlantique se négocie sans que nul ne soit informé de son contenu, de l’évolution des discussions, et sans qu’aucun débat préalable n’ait été organisé au sein des parlements nationaux. Nous n’acceptons pas que l’Europe se désarme elle-même, alors que les grands ensembles mondiaux, notamment les États-Unis, avec lesquels nous négocions, verrouillent une grande partie de leurs marchés par le jeu des normes et des protections.

 Nous n’acceptons pas que l’agenda européen soit si mal connu de nos concitoyens.

 L’Europe attend que la zone euro ne soit plus seulement un espace à l’intérieur duquel chacun tire dans le sens de ce qu’il croit être son intérêt personnel. Une grande zone économique et monétaire doit mettre sur pied, à tout le moins, une coopération économique, des objectifs partagés et une action concertée. L’Europe attend une volonté politique.

L’Europe attend, et nous voulons imposer aux institutions, une obligation de lutte contre la fraude fiscale. Ce sont peut-être mille milliards d’euros qui échappent ainsi à une juste contribution, parce que tout le monde ferme les yeux sur la surenchère des abus. Et nous voulons amener les États membres à cesser les politiques de dumping fiscal des uns par rapport aux autres.

 L’Europe attend, et nous voulons imposer aux institutions, une réflexion courageuse sur les risques que nous subissons et sur la nécessité de nous défendre, en organisant notre défense commune, en additionnant et en mutualisant nos capacités nationales.

 L’Europe attend, et nous voulons imposer aux institutions, un plan concerté pour réguler l’immigration et accueillir les réfugiés dont la vie est exposée.

 L’Europe attend, et nous voulons imposer aux institutions une harmonisation sociale qui fasse cesser les abus, le dumping. Les travailleurs européens ont chaque jour davantage le sentiment de concurrences déloyales, qu’ils payent au prix fort, en baisse de niveau de vie et en chômage.

 L’économie, l’emploi, le modèle social, la démocratie, la défense, les réfugiés : nous savons qu’il n’existe pas d’autre réponse aux grands problèmes du temps qu’une Union européenne qui décidera enfin d’ouvrir les yeux et d’affronter son époque en partageant la charge et les chances.

> Consultez la lettre d’information n°56 de Marielle de Sarnez.

 

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