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Coal power plant in Datteln (Germany) at the Dortmund-Ems-Kanal  Image by Arnold Paul, disponible sur Wikimedia commons, image sous licence creative commons
 

Taxe Carbone : un révélateur de la faiblesse Européenne.

Le bras de fer en cours entre l’UE, la Chine et les USA à propos de la taxe carbone appliquée aux compagnies aériennes illustre à mon sens d’une part la faiblesse de l’UE face à ces deux géants économiques et d’autre part l’illusion que représente la solution des taxes pour résoudre un déséquilibre.
  • Premier point : la Chine et les USA ont prévenu, ils ne paieront pas.

Ils ont les moyens de faire pression en appliquant des mesures de rétorsion en accentuant les difficultés pour les exportations européennes et en menaçant de la perte de marché comme par exemple l’annulation de la commande Chinoise d’Airbus. Au final, cette mesure devient contre-productive car d’une part elle contribue à accroitre les tensions entre ces entités économiques et d’autre part elle pénalise l’aviation civile Européenne, qui elle, devra payer. Ainsi l’Europe se tire une balle dans le pied puisque les compagnies Européennes devront soit reporter le coût de cette taxe sur ses tarifs et donc les rendre moins compétitifs, soit l’absorber et donc réduire leurs capacités d’investissements…et pénaliser leur compétitivité future.

On observe donc qu’il s’agit bien d’une guerre économique sans merci que livre l’UE face à la Chine et aux USA. L’absence d’union politique et économique de l’UE est son talon d’Achille. Face à une mesure technocratique, il est aisé de s’en dispenser car avant que les 27 se mettent d’accord pour la riposte… Notre désunion fait leur force. Il n’en serait pas de même si l’UE disposait d’une gouvernance économique et politique, force face à laquelle il faudrait compter.
  • Deuxième point : Les technocrates de tous poils, qu’ils soient de gauche, du centre ou de droite, ont encore de beaux jours devant eux. La taxe carbone s’avère être une belle utopie et comme toute les utopies, elle est au mieux hors d’atteinte, au pire la base d’un cauchemar.
Le problème environnemental posé par notre modèle de société ne sera pas résolu, même en infime partie, par une taxe carbone. Est-elle seulement dissuasive de l’achat d’un véhicule ? N’en est-il pas fait commerce du « droit à polluer » de sorte qu’au bout du compte on pollue toujours autant ? Quelle entreprise, quel pays a réduit ses émissions de CO2 grâce à cette taxe ? Cherchez bien, vous ne trouverez pas. Pour la question des gaz à effet de serre, la solution passe par l’amélioration du rendement énergétique et de l’isolation. C’est donc par la recherche et l’innovation que se trouve le début de la solution et de là en découle de nouveaux métiers et donc de nouvelles filières de formations pour les métiers de demain…
  • Commencez-vous à voir où je veux en venir ?
Regardez donc les propositions de François Bayrou sur le volet économique et éducatif :
l’Ecologie (au sens large) pourrait contribuer à répondre au défi de la ré-industrialisation de la France et cela passera (entre autre) par le soutien à l’innovation (point n°13) et à la création d’entreprises innovantes (point n°14), une Europe forte ayant défini des priorités stratégiques (points n° 17 et 18), et pour avoir de bons chercheurs, de bons ingénieurs, des techniciens hautement qualifiés dans des domaines de pointe, il faut des filières d’excellences éducatives….
  • Enfin, je ne développerai pas l’aberration que constitue l’adoption, par une minorité, d’une taxe à vocation universelle. Il faut être déconnecté de la réalité pour seulement imaginer que les autres s’y résoudront et être inconscients de ne pas prévoir les conséquences fâcheuses et négatives que cela entrainera. C’est comme si la France seule décidait d’appliquer la taxe Tobin…. Mais cela est une autre histoire.
ER
Sources :
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