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L'Homme de Vitruve, Léonard de Vinci (1485-1490, Venise, Galleria dell' Accademia) Plume, encre et lavis sur papier. photo : Luc Viatour, disponible sur Wikimedia Commons
 

Stigmatisation dérisoire.

M. Guéant : du sens des mots aux idées glissantes…

Le sens des mots !

On ne nous fera pas croire que Monsieur Guéant, énarque, haut fonctionnaire, ne maîtrise pas le sens des mots qu’il a choisis d’utiliser.

La civilisation, selon le petit Robert, est « l’ensemble de phénomènes sociaux (religieux, moraux, esthétiques, scientifiques, techniques) communs à une grande société ou à un groupe de sociétés« .

Compte tenu des précédents propos que Monsieur Guéant a pu tenir, il est difficile de ne pas imaginer qu’il cherche de nouveau à stigmatiser l’Islam ou les sociétés arabo-musulmanes. N’oublions pas qu’en avril dernier, il a déclaré que l’augmentation du nombre de fidèles musulmans posait un véritable problème à la France et, en mai, que les deux tiers des échecs scolaires étaient l’échec d’enfants d’immigrés.

Le concept de civilisation est lui-même relativisé par les faits historiques. Comment oublier, par exemple, que le nazisme appartient à l’histoire de la civilisation européenne, n’en déplaise à Monsieur Arno Klarsfeld qui a défendu les propos de Monsieur Guéant ? Comment oublier la violence de la guerre d’Algérie et les actes de tortures commis en cette période difficile, y compris par des français censés représenter une civilisation évoluée et éclairée ?

Comme l’a dit hier François Bayrou « ces propos sont un dangereux détournement de pensée » car, derrière ce qu’affirme Claude Guéant, « il y a autre chose : une volonté de dresser les sociétés les unes contre les autres ».

La société française est une histoire en marche, et elle se construit avec tous les citoyens quelques soient leur obédience et leur origine. C’est d’unité dont nous avons besoin, pas d’un discours et d’une vision qui divisent et opposent.

Rappelons aussi que l’homme est un être intelligent et conscient, capable de réfléchir sur lui-même et donc d’avoir conscience de soi et de ses actes, et que ses actes peuvent aussi manquer sans que, pour autant, l’homme cesse d’être une personne.
L’homme existe donc en conscience et en liberté, et il est impossible de le réduire à quelque tentative que ce soit de l’enfermer dans des schémas de pensées ou des systèmes de pouvoirs, idéologiques ou non.
Ceci impose l’exigence du respect de chacun et en particulier des institutions des pouvoirs politiques et de leurs représentants. Ceci impose également l’exigence de la promotion du développement intégral de chaque être humain !

Cette pensée est directement tirée de la doctrine sociale de l’Église Catholique. Elle n’est pas « débonnaire et bon enfant » comme l’a dit Monsieur Gérard Longuet, qui a également voulu défendre les propos de Monsieur Guéant, en les nuançant en peu (« il y a un Islam débonnaire et bon enfant qui est tout à fait à l’image de ce qu’est le protestantisme ou le catholicisme dans d’autres parties du monde « ). Débonnaire signifie complaisant, et bon enfant signifie accommodant. Cette pensée n’est ni débonnaire, ni complaisante, mais exigeante, comme peut l’être aussi l’Islam qui affirme également que tout homme a le droit à la dignité.

A.T.

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